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j'aimerai arracher des morceaux de mer
comme le sculpteur mutile le marbre
et m'en faire un collier vibrant
je passerai un fil d'or dans ces morceaux vivants
et leur apprendrais a ce tenir convenablement autour de mon cou
si d'aventure j'avais soif rien ne m'empêchera d'en boire un peu
le ciel crache son venin sur la table à laquelle je suis accoudé,
et pendant que j'évite de justesse de m'y noyer, mon voisin qui lui préfère pécher la brebis dans les yeux des passants,
lance de l'amorce sur le trottoir lézardé ou les fourmis copulent en silence
dansons avec la mort autour d'une carcasses aux doigts noués
la mer est rousse, et roule dans ces dentelles un florilège de nacre
jamais si je m'en vais, rappel moi d'y rester
tout du moins jusqu'à l'heure belle, ou du haut des nuages, le soleil vert plonge et viole la rousse
les points blanc qui percent ces visions ça ne vaut pas les ballets russes qui dansent dans mes veines
TOMA BRÜ NO ERIK
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